Une féministe et des pénis

 

Je prends le clavier sur ce blogue vulvement pertinent pour vous parler de pénis. Parce que je
les aime – grands dieux, oui! – mais que j’en ai rencontrés des pénibles ces derniers temps. Du
genre: ouste!

Commençons par préciser certaines choses. Je suis une femme cisgenre hétéroflexible, parfois
monogame, parfois poly, un tantinet libertine, et toujours féministe.

Et j’aime les pénis (et non ce n’est pas mutuellement exclusif – au cas où des membres du lectorat penseraient encore que les féministes haïssent les pénis!).

En fait, je les aime bien vivants, chauds, à l’affût du bonheur, et définitivement accrochés à des
personnes charmantes et intéressantes. Disons que les vibrateurs, je les apprécierai peut-être le
jour où ils viendront avec un corps plein de vie, avec une voix grave qui parfois émet des
grognements inspirants, dont on entend le souffle, dont la peau a une odeur et un goût
légèrement salé d’humain. Miam. Avec des bras enveloppants, des mains douces, puissantes et
caressantes, une bouche qui sait embrasser (le concours d’éoliennes, c’est la porte à côté, d’acc?).

Parlons au singulier un petit instant. Je l’aime quand, enlacée dans les bras de quelqu’un qui en
porte un entre les jambes, je le devine poindre sous le vêtement et que je joue avec lui du
genou, de la main, de la bouche; que je m’assois doucement dessus pour le taquiner, avant de le libérer au grand jour pour mieux l‘engloutir. Les manières sont infinies, paraît-il; en tous cas, le
sentir en moi est ce que je préfère, et chaque fois je voudrais bien que ça ne s’arrête jamais.
Suis-je suffisamment convaincante?

Mais là, j’en ai rencontré récemment des turn-off solide.

Faut que je commence par une petite confession: je suis allée à l’Orage, vous savez, le club
échangiste? Et j’y suis allée – erreur – un des soirs où les hommes* seuls sont admis. J’avais lu
sur le phénomène des singes – des hommes qui ne font que regarder et se masturber. Bon, autant le savoir. On m’avait aussi parlé de la possibilité que plusieurs d’entre eux fassent
l’amour à une femme – pas plate, non?
Sauf que.

Peut-être était-ce ce soir-là en particulier, peut-être pas. Toujours est-il que la plupart des
hommes seuls se promenaient la braguette ouverte (lire: le pantalon pas tout à fait descendu,
la chemise ouverte… genre on ne voit qu’un pénis sortant d’une silhouette habillée…), la langue
pendante, essoufflés d’émerveillement, certains seulement voyeurs, d’autres dans l’expectative
de pouvoir toucher ou plus. Me semble que c’est incongru un peu. Je les imaginais nus, peut-
être. Mais bon, c’est pas ben ben grave. Là où j’ai été franchement déçue, c’est que leur façon
de s’approcher d’une femme déjà en action avec quelqu’un était de leur foutre le pénis dans la
face sans crier gare. Une chance qu’on est backées par le personnel de la place si on les
repousse!

Mon deuxième partenaire de la soirée a eu droit à mes taquineries un brin sarcastiques. Il arrive
vers moi en me saluant gentiment (merci, tsé), je l’accueille avec le sourire, puis je remarque la
désormais célèbre braguette ouverte. Je lui fais remarquer qu’il manque quelques petits gestes
à poser avant d’en arriver aux choses sérieuses, et il est d’accord. Haha. On a com.mu.ni.qué,
tout le long – en fait, j’ai beaucoup ri (entre autres réactions). Et j’ai dû continuer à repousser les
pénis surgissant tels des artefacts épeurant d’une maison hantée désuète dans une foire
quelconque (ma comparaison est trop longue, mais vous comprenez le principe?)

Par contre, imaginez ma réaction quand le seul dude qui a demandé la permission l’a faite
auprès du mec avec qui je me trouvais déjà? Je lui ai asséné un «euh c’est à moi que tu
demandes ça».
Avec ma bonne humeur malgré tout toujours présente, j’ai donné des tapes sur les fesses à mon
gentil partenaire baraqué, les meubles revolant un peu partout par ailleurs (et les singes
hurlant «Beautiful!»… ils l’ont eu leur show!). Alors le dude à qui je venais de répliquer s’est
exclamé: «Fais-lui attention!»
C’est la meilleure! J’en ris encore.

Bref, un message à ces porteurs de pénis. Même si les personnes qui se présentent dans ce
genre de lieu ont peut-être plus le goût d’interagir d’une manière ou d’une autre avec le vôtre
qu’en temps normal, une petite dose de séduction, un peu de fierté personnelle, un soupçon de
subtilité pourraient juste ajouter du bon. Je suis peut-être libertine, mais pas une poupée
gonflable.

Et bonne chance dans vos projet futurs !
*pour le bout sur l’Orage, j’utilise le mot «homme» parce que c’est ainsi qu’ils sont sélectionnés à l’entrée. Mais je sais bien qu’il y a des femmes avec des pénis et des hommes sans, hein.)


Texte anonyme sous le pseudonyme de Sourire fruité.
Sourire fruité est une femme qui aime faire l’amour dans tous ses états : danser, embrasser, caresser, déguster, pénétrer ! Le sexe pour le plaisir, le romantisme, la relation avec l’autre, la complicité, la connexion avec l’organique (peaux, muqueuses, liquides, soupirs et cris)… Tous les sens enfin nourris, sans tabou…!

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